Au sol le plus souvent, debout ou sur des chaises, les élèves sont guidés par la voix du praticien dans une série de mouvements inattendus, simplifiés et progressifs, qu’ils effectuent à leur rythme, sans compétition, ni modèle. Ces enchaînements s’organisent à partir du jeu de la répartition des appuis du corps. Les élèves sentent, constatent, découvrent la variété de réponses possibles aux incitations du praticien qui les ramène toujours à une approche globale du corps.

L’attention de l’élève est maintenue en permanence sur la manière dont le mouvement étudié se met en place facilement même sans le connaître. La répétition exploratrice des séquences de mouvement, tant à l’aller qu’au retour, ne fait qu’entériner l’aisance émergeant lors de son déroulement. Elle procure bien être et satisfaction.

« Une leçon de prise de conscience par le mouvement, commence par les composantes du mouvement, et il existe parfois vingt variantes, vingt configurations différentes et partielles du mouvement en question. Souvent les éléments préliminaires n’évoquent pas l’action finale et, de cette manière, tout le monde est à l’aise et personne ne se presse (vers un but) (…) Quand vous apprenez, ne cherchez pas à faire bien… ; agissez lentement… Ne vous concentrez pas trop non plus (…) L’apprentissage qui accompagne la PCM est une source de sensations agréables qui perdent de leur clarté si la moindre chose vient en ternir le plaisir. Quand on apprend, il est impossible d’éviter les erreurs, car l’apprentissage c’est saisir l’inconnu, et tout acte conduit vers l’inconnu (…) N’évitez donc pas les erreurs, servez-vous-en plutôt, à la place de ce que vous estimez être bien, vous aurez peut-être la surprise de les voir changer de rôle (…) Les heures passées à cultiver la prise de conscience dans le mouvement et l’action, sont parmi les plus absorbantes et les plus intéressantes de notre vie »

“Nos habitudes nous servent à agir plus rapidement et avec à-propos. Mais des habitudes utilisées à tort et à travers ou considérées comme des lois de la nature, autrement dit comme immuables, ne font rien d’autre que témoigner du caractère opiniâtre et délibéré de notre ignorance. La gamme des choix rendus possibles par nos ressources, nos fonctions et nos structures est stupéfiante. Pourtant, tous ceux qui souffrent sont convaincus qu’ils sont fait ainsi et que, comme pour leurs habitudes, ils ne peuvent rien y changer ; leurs habitudes les rendent aveugles à toutes les alternatives qui leur sont disponibles. Les habitudes s’utilisent si facilement et sans peine que nous préférons ne pas en changer.

Sachez qu’une grande variété d’”habitudes” est à la portée de chacun de nous. Nous pourrions en utiliser certaines le dimanche, d’autres les autres jours de la semaine, certaines quand nous sommes debout et d’autre quand nous sommes couchés, et les choisir à volonté pour chaque nouvelle situation. Ce n’est bien sûr pas si facile de s’aider soi-même, mais tout de même moins difficile qu’on ne le craint. S’il le faut, tournez-vous vers ceux dont le métier est d’assister les autres dans leurs difficultés.”

(Extraits du livre L’ Évidence en question de Moshé Feldenkrais)