Je voudrais vous faire partager quelques idées tirées de mon expérience personnelle.

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, étant adolescente, malade, sur les ruines, il me fallait entreprendre de dissiper le brouillard, me reconstruire et réapprendre à vivre. Les médecins que j’avais consultés avaient tous conclu que je devais vivre avec mes souffrances étant donné mon passé, et me prescrivaient de nombreux médicaments. Avec tous ces « bons » pronostics, je me sentais quelque peu perdue, attristée et désorientée. Comment pouvais-je m’en sortir, où trouver de l’aide ?

Alors que je bouquinais dans une librairie ésotérique, j’achetai un petit livre qui conseillait de pratiquer le yoga dont il vantait les bienfaits, d’apprendre à respirer, à se relaxer, à devenir végétarien etc. D’un livre à l’autre, je compris subitement que j’avais suivi avec passivité et apathie tous ces fameux bons conseils et que je devais prendre une part active dans le destin qui m’était réservé, devenir co-auteur de mon histoire. J’ai commencé à pratiquer toutes ces disciplines au point de pouvoir les transmettre. Munie de différents diplômes, j’ai ainsi commencé à les enseigner telles que je les avais apprises. A la même époque, on pouvait voir dans tous les journaux la photo du premier ministre Ben Gourion en train de faire le poirier à la plage. Il souffrait d’une hernie discale et, grâce à Moshe Feldenkrais, avait retrouvé un plein fonctionnement. Sous forme de boutade, il disait que Moshe l’avait mis debout solidement sur les pieds avant de le mettre sur la tête.

A la même époque, je rencontrai à Paris une collègue avec laquelle j’avais pratiqué le yoga et que j’avais perdue de vue. Elle rentrait d’Israël où elle avait passé trois semaines à prendre des leçons chez Moshe. Elle me dit qu’il avait sauvé son dos et qu’elle recommençait à vivre. Elle était très étonnée que je n’en aie pas entendu parler puisqu’il était mondialement connu. Cette rencontre fut pour moi décisive. En effet, je sentais que, dans ma façon d’aborder la santé, la vie, et dans ma responsabilité vis-à-vis de mes élèves, quelque chose d’essentiel était éludé. J’ai commencé alors dans ma tête à me diriger vers Moshe.

Lire la suite