Tous ceux qui sont victimes de la douloureuse tyrannie de la gravité peuvent s’estimer heureux qu’un jour, il y a une cinquantaine d’années, Moshe Feldenkrais, alors dans sa trentaine finissante, glissa et tomba sur le pont mouillé d’un sous-marin, aggravant une vieille blessure au genou. Tous devraient également remercier les médecins qui estimèrent que, sans une opération (qui n’avait que 50 % de chance de réussite), il ne marcherait plus, car Feldenkrais décida de pourvoir lui-même à sa guérison, inventant par la même occasion un nouveau traitement.

Feldenkrais était un homme remarquable et un génie. Né en 1904 en Russie, il décida de fuir les pogroms pour s’installer (en Palestine, NDT) dans le pré-état d’Israël à l’âge de 14 ans. A cette époque, le Mandat Britannique interdisait aux Juifs de porter les armes, mais pas aux Arabes, et Feldenkrais se forma donc au combat à mains nues, avant d’entraîner les autres.

Grâce à l’argent gagné dans ces entraînements, il partit pour Paris où il fit des études d’ingénieur en mécanique et en génie électrique. Il devint ensuite physicien, travaillant et co-signant des articles avec Frédéric Joliot-Curie (qui, avec sa femme, reçu le prix Nobel en 1938). Au cours de cette même période, Feldenkrais obtint l’une des premières ceintures noires de judo en Europe et créa le Jiu-jitsu Club de France avec le fondateur du Judo moderne, Jigoro Kano.

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