Myriam, pourriez-vous dire quelque chose à propos de la définition de Moshe de la « conscience de soi », et de comment il « l’enseignait » quand il était votre professeur?

Dans une conversation enregistrée avec le professeur Aharon Katzir, Moshe a dit: « La conscience de soi est cette composante du mécanisme de pensée qui écoute le soi pendant l’action ». Voici ce qui a été énoncé comme définition provisoire : «  La conscience de soi est la connaissance de ce qui se passe pendant que ça se passe et de ce qu’on fait pendant qu’on le fait. C’est une vigilance généralisée aux événements présents. »

Moshe ne nous a jamais « enseigné » stricto sensu la conscience de soi. Ce qu’il faisait, à travers ses leçons, c’était plutôt de nous apprendre à développer les outils pour la prise de conscience de soi et pour apprendre à apprendre.

Le leitmotiv de Moshé était : «  Si vous savez ce que vous faites, vous pouvez faire ce que vous voulez. » Je ne sais pas si je peux faire tout ce que je veux, mais ce qui est sûr, c’est que sans conscience de soi, l’action automatique ne peut pas être modifiée. Lorsqu’on avait demandé à Socrate s’il était mieux de faire le mal en le sachant ou sans le savoir, il avait choqué les auditeurs en répondant qu’il valait mieux le faire en le sachant. Si l’on sait que c’était mal, on peut changer. Sinon, ce n’est pas possible.

Dans le sens hébreu, celui dans lequel Adam connaissait Eve, connaître ou « prendre conscience de » consiste en une relation. C’était vraiment le cas dans le travail de Moshe. La prise de conscience de soi signifiait animer une relation dynamique avec nos sens, nos émotions et ce qui nous entourait.

Cette prise de conscience existe sans médiation, sans distraction, d’une façon non-verbale. On se perçoit absolument en action, dans une relation complète avec soi-même. Simultanément, on se retrouve en résonance avec nos semblables et avec notre environnement entier. Il n’y a pas d’échappatoire ni de doute, il n’y a pas de bien ou de mal; il n’y a pas de fautes. Le fait d’avoir pris conscience de soi est un succès en soi. L’unité de l’homme, une « unité qui embrasse tout ce qui l’entoure », une présence est recréée.

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